Le bruit assourdissant du silence
Où es-tu ma petite Linha ???
Je me réveille avec l’absence, le vide, le silence, pourtant je sais que je la reverrai. Je n’ose imaginer si ce n’était pas le cas
Ma maison est propre, rangée et j’aime ça, mais tes rires n’y sont plus Linha. Tes jouets qui jonchaient le salon sont précieusement rangés dans la malle orange soigneusement placée dans le cabanon de jardin. Tu n’es plus là. Chaque pièce sent ta petite enfance, ton insouciance, ta confiance
Petite fille de 12 mois bientôt, tu as vécu 10 mois à la maison avec tes parents Lucie et Arthur, deux êtres exceptionnels que tu as la bénédiction d’avoir pour parents et moi pour fille et gendre. Tu as fait tes premiers pas, tes premiers tout ici sous mes yeux émerveillés
Aujourd’hui vous démarrez une merveilleuse aventure de 2 ans au Pérou et comme vous avez raison de vivre pleinement. Mais vous allez tellement me manquer !
Ce n’est pas de deuil lié à la mort dont je vais vous parler ce matin, mais du syndrome du nid vide
On parle peu de ce syndrome, peut-être par manque de légitimité, car « ça va on les reverra ». Contrairement au deuil lié à la mort d’un être cher on ne devrait pas se plaindre et relativiser. Pourtant le vécu émotionnel est le même et on vit l’absence dans son sein. Le vide nous étreint, le deuil de l’enfance, de ces moments passés ensemble qui sont derrière, oui bien sûr il y en aura d’autres, mais j’aimerais rattraper ceux-là. A mesure que l’avion s’éloignait dans le ciel hier mon ventre se vidait de votre présence pour se remplir de votre absence et de ma souffrance
A vous qui vivez ce moment de l’année où vos enfants partent du nid pour aller étudier ou prendre leur envol, je dis, accueillez vos émotions les plus dures, normalisez-les, et faites votre chemin de (re)construction avec vous, connaissez-vous autrement, trouvez le sens de votre vie différemment
Aujourd’hui je suis profondément triste, mais je me connais mieux, je sais que l’absence et le manque de ma petite Linha et de ses parents resteront mais je sais aussi que leur chemin et le mien sont parallèles et qu’ils se rejoindront parfois, avec une saveur que rien n’égale

